Définition : la formation brute de capital fixe

Vous avez entendu parler de la formation brute de capital fixe (FBCF), cet indicateur économique utilisé par l’INSEE, et vous voudriez en savoir plus ? La FBCF est prise en compte pour évaluer la santé économique nationale à partir de données sur l’investissement des entreprises du pays. Mais que représente exactement cet indicateur ? Comment est calculée la formation brute de capital fixe ? Explications.

Formation brute de capital fixe : c’est quoi ?

La FBCF est un indicateur économique mis en place par le Ministère de l’Économie et des Finances, et plus particulièrement par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE).

Définition de la FBCF

Cet indicateur utilisé dans la comptabilité nationale française correspond à la mesure de l’investissement des entreprises sur une période d’un an. Dans cet investissement sont inclus les actifs fixes corporels et incorporels impliqués dans les processus de production. En d’autres termes, la formation brute de capital fixe est donc la somme des investissements matériels (mais aussi certains investissements immatériels) utilisés dans les processus de production des entreprises pendant une durée d’au moins une année.

La FBCF est donc un montant en euros. Elle s’exprime par exemple en milliards d’euros et ne doit pas être confondue avec le taux d’investissement, qui correspond lui au rapport FBCF / Valeur ajoutée.

Qu’est-ce que l’investissement ?

Pour mieux comprendre la formation brute de capital fixe, il est essentiel de savoir ce que représente l’investissement. L’investissement désigne le fait d’acheter, par des agents économiques, des biens de production qui vont alors servir à produire d’autres biens et services durables. Ces biens de production pris en compte dans la FBCF sont des biens durables, c’est-à-dire qui sont utilisés par l’entreprise de façon continue ou répétée, et qui sont donc impliqués dans plusieurs cycles de production.

Qu’est-ce qu’un investissement matériel ?

La FBCF prend en compte l’investissement matériel, c’est-à-dire des biens physiques qui permettent d’augmenter le stock de capital de l’entreprise. Il peut alors s’agir d’appareils, de machines, mais aussi de bâtiments servant à produire des biens ou services. Si une société investit par exemple dans un bien immobilier en vue de le louer, il s’agit d’un investissement matériel puisqu’il a pour objet de créer un service de logement. Cet investissement est donc pris en compte dans la FBCF. Cette dernière prend en compte non seulement les achats de biens matériels, mais aussi les améliorations qui peuvent y être apportées ainsi que les renouvellements d’équipements (des dépenses qui correspondent à l’amortissement).

Les investissements immatériels pris en compte par la FBCF

Si la FBCF prend majoritairement en compte l’investissement matériel des entreprises, certains biens immatériels entrant dans le processus de production sont également inclus dans la mesure. On y trouve par exemple les achats de logiciels, d’œuvres littéraires ou artistiques, les dépenses de recherche et développement, ou encore les dépenses liées à la prospection minière ou pétrolière.

À quoi sert la FBCF ?

Au travers de l’investissement des entreprises, la formation brute de capital fixe mesurée chaque année permet de garder un œil sur les tendances d’évolution de l’économie nationale.

Un indicateur de croissance économique

Le rôle principal de la formation brute de capital fixe est de pouvoir mesurer l’investissement national, qui est au cœur de la croissance économique du pays. Cet indicateur utilisé par les économistes permet donc d’évaluer la bonne santé de l’économie française. Mesurée chaque année, la formation brute de capital fixe permet de connaître l’effort d’investissement du pays et d’observer des tendances. Par exemple, une FBCF qui augmente rapidement indique une croissance en pleine expansion. La FBCF sert aussi à calculer le taux d’investissement, permettant lui aussi de savoir comment se situe la croissance économique.

Toutefois, la FBCF n’est pas une mesure exacte. Elle est souvent approximative, notamment de par le fait que l’investissement immatériel est souvent mal pris en compte. Contrairement aux biens matériels, les biens immatériels sont en effet plus difficiles à appréhender. L’investissement total est ainsi souvent sous-estimé. Voilà pourquoi la FBCF ne se suffit pas à elle seule pour mesurer la santé économique d’un pays, mais doit être couplée à d’autres indicateurs complémentaires.

Il est également important de savoir que, pour être interprétable, la mesure de la FBCF doit prendre en compte l’inflation. Pour représenter de façon réaliste les tendances d’évolution d’une année à l’autre, la formation brute de capital fixe doit en effet utiliser des valeurs réelles, ou montants corrigés de l’inflation.

Comment interpréter la formation brute de capital fixe ?

En France, la valeur de la FBCF est bien souvent corrélée aux variations de conjoncture économique. En effet, lorsque la croissance est rapide, le montant de la formation brute de capital fixe augmente en général rapidement d’une année à l’autre, et vice versa. Ce résultat donne alors deux indications importantes :

  • La croissance est fortement liée à l’effort d’investissement ;
  • En période de forte croissance, les chefs d’entreprise sont incités à investir davantage.

La FBCF est exprimée en euros, mais elle est généralement indiquée sous forme de variation relative annuelle, et donc en pourcentages. Les rapports de l’INSEE indiquent par exemple que la FBCF a augmenté de 3 % d’une année à une autre. Ces taux de variation sont plus facilement interprétables et permettent donc de visualiser des évolutions économiques.

 

Sachez aussi que la FBCF en France ne concerne pas uniquement les entreprises, mais également les ménages. Elle comprend dans ce cas l’achat de biens immobiliers et les travaux importants des logements. Ces données viennent compléter la mesure de l’investissement national, permettant d’évaluer la situation économique du pays.

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